Qu’est-ce que nous devons de plus grand à l’Amérique du vingtième siècle ?

Les Afroaméricains nous ont donné le jazz, auquel les Blancs ont répliqué avec le PC, le Personal Computer, l’ordinateur personnel (pas le Parti Communiste, ça ce sont les Sino-Russes, les Asiatiques pour faire court.)

Et que suis-je précisément en train de faire sinon taper sur le clavier de mon ordinateur portable dans ma cuisine tandis que dans mon salon hurle le saxophone d’Ornette Coleman ?

Ce qui s’appelle écrire en cette fin de premier quart du vingt-et-unième siècle.

Difficile pourtant d’imaginer deux dons plus diamétralement opposés.

Qu’est-ce que le jazz ? Kurt Vonnegut le définit, en anglais bien sûr, comme « du sexe protégé du plus haut niveau ».

De ce point de vue le PC, même si sa forme contemporaine, l’ordinateur portable, dans l’anglosphère est appelée laptop, littéralement « l’ordinateur de genoux » (par opposition au desktop, « l’ordinateur de bureau »), peut être considéré comme un antidote au jazz jugé infiniment trop sensuel, trop sexuel (, trop noir ?).

Par esprit de système, pour saluer la timide et très chaste avancée du bureau aux genoux, mais aussi le fait que nous utilisons majoritairement nos PC pour nous livrer à la Bête en solitaire, on pourrait en miroir appeler le PC « du sexe protégé du plus bas niveau ».